Les environs

Oukaïmeden

À 75 km de Marrakech

À un peu plus d’une heure et demie de Marrakech, la route qui remonte la vallée de l’Ourika grimpe, virage après virage, jusqu’à un immense plateau suspendu à plus de 2 600 mètres d’altitude : Oukaïmeden. Ici, on skie l’hiver face aux sommets enneigés, on randonne l’été sur des alpages où paissent les troupeaux, et l’on marche, sans toujours le savoir, au milieu de l’un des plus grands trésors d’art rupestre du Maroc. Bienvenue sur le toit de l’Atlas.

Où se trouve Oukaïmeden ?

Oukaïmeden (parfois écrit Oukaïmden ou Oukaimeden, Ukayemdan en berbère) se niche dans le Haut Atlas, province d’Al Haouz, à environ 75 kilomètres au sud de Marrakech, soit 1h30 à 2h de route par la vallée de l’Ourika. Le plateau, dominé par le Jbel Oukaïmeden qui culmine vers 3 260 mètres, offre par temps clair une vue somptueuse sur les crêtes du massif et jusqu’au Toubkal (4 167 m), le plus haut sommet d’Afrique du Nord.

Le contraste est saisissant : à moins de deux heures des palmiers et de la chaleur de la ville rouge, on touche la neige, on respire l’air vif de la montagne et l’on croise les bergers et leurs mulets.

La plus haute station de ski d’Afrique

Oukaïmeden est la plus haute station de sports d’hiver du continent africain. Son domaine s’étage de 2 600 mètres à près de 3 260 mètres, desservi par ce que l’on présente souvent comme le plus haut télésiège d’Afrique. La saison, tributaire de l’enneigement naturel, court généralement de décembre à mars. Beaucoup de visiteurs montent d’ailleurs simplement pour voir la neige, se promener et déjeuner face aux pistes.

Petite histoire : le premier fil-neige de la station fut installé à la fin des années 1940 par des militaires du 8ᵉ régiment de zouaves, qui apprenaient à skier aux habitants et organisaient les premières fêtes sur les hauteurs. De quoi faire d’Oukaïmeden un pionnier du ski africain.

Un musée à ciel ouvert : les gravures rupestres

C’est le secret le mieux gardé du plateau. Oukaïmeden abrite l’un des plus importants ensembles de gravures rupestres du Maroc : on dénombre des centaines de sites et près d’un millier de représentations gravées dans le grès rouge, à même les dalles qui affleurent entre les pâturages, notamment autour du lac et en direction du col de Tizi n’Tifina.

Réalisées pour les plus anciennes à l’âge du bronze puis enrichies pendant des millénaires, elles racontent un monde disparu : poignards et hallebardes comparables à ceux de l’Europe protohistorique, boucliers ronds ornés, guerriers frontaux, énigmatiques « idoles au violon », et surtout un étonnant bestiaire d’éléphants, de rhinocéros et de félins — preuve d’un climat bien différent d’aujourd’hui. Des inscriptions libyco-berbères, ancêtres du tifinagh, se superposent parfois aux figures les plus anciennes. Le site est protégé par l’État depuis 1951.

Oukaïmeden, « lieu de rencontre »

Le nom se traduit volontiers par « le lieu où se rencontrent les vents », une image qui colle bien à ce haut plateau balayé par les courants d’air. Au-delà de la poésie, Oukaïmeden est depuis toujours un véritable lieu de rassemblement : chaque été, les éleveurs des tribus des Rheraya et de l’Ourika y montent faire paître leurs troupeaux sur l’agdal, ce pâturage collectif régi par des règles coutumières séculaires. Fermé au printemps pour laisser l’herbe pousser, il s’ouvre traditionnellement le 10 août, sous le patronage du saint Sidi Fars — un grand moment social et festif de la vie montagnarde.

Faune, flore et paysages d’altitude

Le plateau est un formidable réservoir de vie. Son petit habitant emblématique ? L’écureuil de Barbarie (Atlantoxerus getulus), rongeur au pelage doré rayé de blanc, endémique du Maroc, qui vit au sol entre les rochers jusqu’à très haute altitude — à ne pas confondre avec une marmotte. Autour du lac d’Oukaïmeden, souvent gelé l’hiver, s’étendent des prairies humides et des pelouses d’altitude qui attirent oiseaux de montagne et troupeaux en estive.

Que faire à Oukaïmeden ?

Le plateau vit au rythme des saisons :

  • L’hiver — ski, snowboard, luge, ou simple plaisir de fouler la neige à deux pas du désert.
  • L’été — randonnées et treks vers le massif du Toubkal, ascension du Jbel Oukaïmeden à la journée, balades à dos de mulet, et une escalade de blocs (bouldering) de renommée internationale avec près d’un millier de blocs recensés.
  • L’aventure motorisée — l’ascension du col en moto tout-terrain, pour rejoindre les hauteurs par les pistes : découvrez notre ascension du col d’Oukaïmeden en moto enduro.

Quand venir ?

Pour la neige et le ski, visez janvier à mars (l’enneigement reste variable d’une année à l’autre). Pour la randonnée, l’escalade et les gravures rupestres, le printemps et l’été sont idéaux, avec des journées douces en altitude. Et si vous voulez vivre la transhumance et l’ouverture de l’agdal, c’est autour de la mi-août que tout se joue.

Conseils pratiques

Une seule route sinueuse mène au plateau : mieux vaut partir tôt les week-ends et vérifier son état après de fortes chutes de neige. À plus de 2 600 mètres, l’altitude se fait sentir : montez en douceur, hydratez-vous et prévoyez des vêtements chauds même en été, car la météo de montagne change vite et les nuits sont fraîches.

Envie de conquérir les hauteurs autrement ? Offrez-vous l’ascension du col d’Oukaïmeden en moto enduro, une journée tout-terrain inoubliable au départ de la vallée de l’Ourika.

Itinéraire sur Google Maps

Distance depuis Marrakech
75 km
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