Jet-ski à Marrakech, sur le lac Lalla Takerkoust
Pilotez un jet-ski dernière génération sur le lac Lalla Takerkoust, à 30 minutes de Marrakech.
À moins d’une heure de route de Marrakech, une vaste étendue d’eau turquoise se déploie contre les premiers contreforts du Haut Atlas. Le lac Lalla Takerkoust est une retenue artificielle née d’un barrage édifié dans les années 1930, mais rien dans son décor ne trahit son origine industrielle : les rives ocre, les collines dénudées et, en arrière-plan, la ligne dentelée des sommets souvent saupoudrés de neige composent un paysage d’une beauté saisissante, à mi-chemin entre la montagne et le désert.
Longtemps connu des seuls Marrakchis venus chercher un peu de fraîcheur le week-end, le lac s’est mué en une véritable destination de plein air. On y vient pour les sports nautiques, pour une balade à dos de dromadaire sur les berges, pour un déjeuner les pieds presque dans l’eau, ou simplement pour assister à l’un des plus beaux couchers de soleil de la région, quand la lumière rasante embrase l’eau et fait ressortir la silhouette de l’Atlas.
Cette fiche vous raconte l’histoire du barrage, détaille les activités que l’on peut y pratiquer et vous donne toutes les clés pratiques : accès depuis Marrakech, meilleure période, panoramas du plateau du Kik voisin et combinaison possible avec le désert d’Agafay tout proche.
Le lac Lalla Takerkoust occupe une cuvette naturelle sur l’oued N’Fiss, une rivière qui descend du Haut Atlas pour rejoindre le bassin du Tensift. Barrée par un ouvrage de béton, cette vallée s’est remplie pour former un plan d’eau d’environ 7 kilomètres de long, dont la surface varie au fil des saisons et des années selon les précipitations et les besoins d’irrigation.
Le contraste est ce qui frappe le plus le visiteur. D’un côté, l’eau, d’un bleu profond ou légèrement laiteux selon la lumière. De l’autre, des rives sèches, semées de tamaris et de terres rougeâtres, qui montent doucement vers les reliefs. Par temps clair, les cimes enneigées du massif — dont le Toubkal, plus haut sommet d’Afrique du Nord, se devine plus au sud — ferment l’horizon et donnent au lieu une profondeur presque irréelle. C’est ce cadre, à la fois minéral et aquatique, qui explique son surnom de « petite mer intérieure » aux portes de la ville.
Le village qui borde le lac porte le même nom que la retenue, hérité d’une sainte locale, Lalla Takerkoust, dont le sanctuaire est vénéré dans la région. Autour, quelques hameaux, des terres cultivées et des chemins de terre composent un arrière-pays rural resté authentique, à l’écart de l’agitation touristique de Marrakech.
Le barrage a été construit entre 1929 et 1935, à l’époque du protectorat, et portait alors le nom de barrage Cavagnac, du nom de l’ingénieur qui pilota le chantier. Sa vocation était double, et le reste aujourd’hui : irriguer la plaine du Haouz, cette vaste zone agricole qui entoure Marrakech, et produire de l’électricité grâce à une centrale hydroélectrique.
Le chantier ne fut pas simple. Avant même le premier coup de pioche, les responsables durent régler une multitude de questions foncières dans une région où le droit du sol berbère était complexe et morcelé. À cela s’ajouta une difficulté d’ordre religieux : la présence, sur le site à noyer, du sanctuaire de Lalla Takerkoust. Plutôt que de heurter la population attachée à ce lieu de culte et à ses vertus de guérison, on décida de reconstruire un nouveau marabout, relié par une conduite d’eau à l’ancien, une solution trouvée aux alentours de 1935.
Des décennies plus tard, l’ouvrage a connu d’importants travaux. À la fin des années 1970, le barrage a été surélevé pour compenser l’envasement progressif de la retenue et augmenter à la fois la production hydroélectrique et la surface agricole irriguée. C’est cette histoire industrielle discrète qui a façonné le paysage que l’on admire aujourd’hui : un lac artificiel devenu, avec le temps, un écrin naturel prisé.
C’est la vocation la plus visible du lac : l’eau y est propice à toute une gamme de loisirs. Les plus doux se pratiquent en autonomie ou en famille — pédalo, stand-up paddle, kayak — pour glisser tranquillement le long des berges et profiter du silence. Les amateurs de sensations trouveront aussi, sur certaines rives aménagées, de quoi s’adonner au jet-ski, à la bouée tractée ou à d’autres sports de glisse tractés. Une croisière au coucher du soleil, à bord d’une embarcation, permet enfin de vivre le lac sous son plus beau jour.
L’ambiance change selon la saison : au printemps et à l’automne, l’eau reste agréable et l’affluence modérée ; en plein été, le lac devient le refuge rafraîchissant des habitants de Marrakech.
Sur les berges, la balade à dos de dromadaire est l’une des expériences les plus prisées, surtout en fin de journée : avancer au pas le long de l’eau tandis que le soleil décline reste un souvenir marquant. Dans le même esprit, notre coucher de soleil à dos de dromadaire prolonge cette magie du crépuscule sur les paysages des environs de Marrakech.
Les terrains rocailleux qui entourent le lac se prêtent par ailleurs aux sports mécaniques. Quad, buggy et VTT permettent d’explorer les pistes, les collines et les hameaux alentour, dans un décor de pierre et de poussière qui rappelle déjà le désert. Pour une immersion plus complète dans ces reliefs, vous pouvez explorer les pistes en buggy dans l’Atlas, une manière sportive et ludique de découvrir l’arrière-pays.
Plusieurs adresses bordent le lac et proposent de déjeuner face à l’eau, à l’ombre de terrasses ou de paillotes. Tajines, poisson grillé, salades marocaines : la cuisine y est simple et savoureuse, et le cadre incomparable. Beaucoup de visiteurs viennent d’ailleurs pour cela — passer la journée à alterner baignade, activité nautique, repas et sieste au bord de l’eau, loin de la chaleur de la ville. Certains établissements disposent de transats et d’espaces ombragés qui invitent à prolonger la halte jusqu’au soir.
Si un moment justifie à lui seul le déplacement, c’est le coucher de soleil. En fin d’après-midi, la lumière se fait dorée, l’eau prend des teintes cuivrées et les sommets de l’Atlas se détachent en ombres chinoises. C’est l’heure où les couleurs sont les plus intenses et où la chaleur retombe : le meilleur moment pour une balade, une croisière ou simplement une pause contemplative sur la rive.
À quelques kilomètres du lac, la route grimpe vers le plateau du Kik, un vaste plateau calcaire perché à plus de 1 200 mètres d’altitude. Couvert de cultures céréalières qui ondulent au vent, il offre des panoramas spectaculaires : d’un côté, les vallées et le miroir du lac en contrebas ; de l’autre, la longue barrière du Haut Atlas.
C’est un détour idéal pour les amateurs de grands espaces et de photographie, particulièrement au printemps quand les champs verdissent. Le plateau constitue aussi une transition naturelle vers les vallées de montagne plus au sud, comme celles qui mènent vers le plateau d’Oukaïmeden et les hauteurs de l’Atlas.
Le lac Lalla Takerkoust se situe à environ 35 à 38 kilomètres au sud-ouest de Marrakech, soit 40 à 45 minutes de route. L’itinéraire le plus simple emprunte la route d’Amizmiz : depuis la ville, on file en direction de l’aéroport puis vers Tahannaout, avant de bifurquer vers Tamesloht et de suivre les indications pour Lalla Takerkoust. La route est goudronnée et sans difficulté.
Il est possible de rejoindre le lac en voiture de location, en taxi ou dans le cadre d’une excursion organisée à la demi-journée ou à la journée. Un bus reliant Marrakech à Amizmiz dessert également la zone, mais le trajet, ponctué d’arrêts, est nettement plus long.
Côté saison, le printemps (mars à mai) est idéal : les paysages sont verdoyants, les températures douces et la lumière superbe. L’automne (septembre à novembre) offre des conditions comparables. L’été reste très fréquenté par les habitants venus se rafraîchir, avec des journées chaudes propices aux activités nautiques. En hiver, le lac se pare d’une atmosphère plus brute, magnifiée par les sommets enneigés à l’horizon — une période parfaite pour les photographes.
Le lac se trouve à courte distance du désert d’Agafay, cette étendue de collines pierreuses et ondulées qui, sans être un vrai désert de sable, évoque puissamment les paysages sahariens à seulement une trentaine de kilomètres de Marrakech. Les deux sites se complètent à merveille : on peut consacrer la matinée aux activités nautiques et au déjeuner au bord du lac, puis rejoindre Agafay pour une balade à dos de dromadaire, une sortie en quad ou en buggy et un dîner sous les étoiles.
Cette combinaison lac + désert forme l’une des escapades d’une journée les plus complètes autour de Marrakech, mêlant eau, montagne et paysages minéraux. Pour ceux qui souhaitent au contraire découvrir la facette verdoyante de l’Atlas, la vallée de l’Ourika et ses cascades constituent une alternative rafraîchissante, que l’on peut découvrir lors d’une excursion dans la vallée de l’Ourika.
Où se trouve le lac Lalla Takerkoust et à quelle distance de Marrakech ?
Le lac se situe à environ 35 à 38 km au sud-ouest de Marrakech, soit 40 à 45 minutes de route par la route d’Amizmiz, en passant par Tahannaout et Tamesloht. C’est l’une des escapades nature les plus accessibles depuis la ville.
Quelle est l’origine du lac Lalla Takerkoust ?
Il s’agit d’une retenue artificielle créée par un barrage construit entre 1929 et 1935 sur l’oued N’Fiss, autrefois appelé barrage Cavagnac. L’ouvrage sert à l’irrigation de la plaine du Haouz et à la production d’électricité, et le lac s’étend sur environ 7 kilomètres de long.
Quelles activités peut-on faire au lac ?
Le lac se prête aux activités nautiques (paddle, kayak, pédalo, jet-ski, bouée tractée, croisière au coucher du soleil), à la balade à dos de dromadaire sur les rives, ainsi qu’au quad, au buggy et au VTT sur les pistes environnantes. De nombreuses adresses permettent aussi de déjeuner face à l’eau.
Peut-on se baigner dans le lac Lalla Takerkoust ?
Le lac est un plan d’eau naturel très fréquenté l’été par les Marrakchis venus se rafraîchir. On peut s’y baigner, mais il faut rester prudent : le niveau et les fonds varient selon les saisons et le barrage. Privilégiez les zones surveillées ou aménagées.
Quelle est la meilleure période pour visiter le lac ?
Le printemps et l’automne offrent les meilleures conditions, avec des paysages verdoyants et des températures douces. L’été est chaud et idéal pour les sports nautiques, tandis que l’hiver dévoile de superbes vues sur les sommets enneigés de l’Atlas.
Peut-on associer le lac au désert d’Agafay dans la même journée ?
Oui, les deux sites sont proches et très complémentaires. Une journée type combine les activités au bord du lac le matin et une expérience dans le désert d’Agafay l’après-midi (dromadaire, quad ou buggy), avec un coucher de soleil en point d’orgue.